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acouphile.fr : assistance pour la réduction des nuisances sonores

Il existe sur ces sujets beaucoup de confusions,
de solutions erronées proposées ....

Seule une approche rigoureuse permet de les éviter

Site et outils de calculs réalisés par
Patrick Carré,
acousticien conseil
en Rhône Alpes

diagnostics, études
amélioration de l'isolation, réduction des bruits
pour particuliers et collectivités

isolation acoustique des planchers et plafonds
isolation entre étages

La particularité des planchers et plafonds, est qu'ils sont soumis, plus que toute autre paroi, aux bruits d'impacts.
Ils doivent aussi isoler des bruits aériens. Les 2 fonctions ne se satisfont pas de la même manière
. Voir transmission des bruits

bruits d'impacts

Les bruits d'impacts sont engendrés dans les locaux par la mise en vibration d'éléments de la structure du batiment. Ces vibrations sont le résultat de l'application en un point de la structure de forces rapidement variables en fonction du temps, par exemple instantanées.
Les activités humaines (chutes d'objets, chocs), les déplacements (pas et meubles) sont le type de création des bruits d'impacts le plus courant.
Les équipements collectifs et individuels, les machines diverses (perçeuse), sièges de mouvements alternatifs ou tournants, représentent une autre famille de causes.
C'est sur les planchers qu'ils sont le plus fréquents.

Les matériaux rigides les plus répandus dans la construction transmettent bien les vibrations, parce que les liaisons internes dans ces matériaux sont très fortes.

Le principe de traitement est simple : il s'agit d'éviter la continuité des éléments rigides entre le point d'application de la force et les parois environnant le point de réception du bruit. Il est en général plus facile et plus efficace de réaliser cette désolidarisation au niveau du point d'application.
Pour éviter la propagation des impacts, on peut :

  • réaliser entre les divers constituants de la structure des coupures élastiques, désolidariser les éléments entre eux.
  • empêcher ou atténuer l'application des forces sur la structure, par interposition de matériaux dits résilients, c'est à dire élastiques, souples, amortissants, dont l'efficacité dépend :
    • de l'épaisseur
    • du coefficient d'élasticité (appellé aussi de raideur K), correspondant au pouvoir d'écrasement sous une charge,
    • mais aussi du support, du plancher, qui doit être massique

Le matériau élastique ne doit jamais être entièrement comprimé sous la charge permanente ou la force d'l'impact.

Les bruits de pas et chocs sur le sol sont les nuisances d'impacts les plus gênantes dans l'habitat. Leur traitement est réalisé par l'élasticité du revêtement de sol. Les revêtements de sol peuvent présenter une sous-couche élastique de par leur fabrication : moquettes, certains sols plastiques; ou bien de par leur mode de mise en oeuvre : chape flottante, parquet flottant. La semelle des chaussures si elle est souple peut assurer la fonction d'amortissement élastique !

Les équipements, appareils électroménagers, enceintes acoustiques, doivent reposer sur la structure par l'intermédiaire de plots antivibratiles ou amortisseurs, type silent-blocs, plaques de caoutchouc, néoprène, mousse rigide (faciles à trouver en grande surface bricolage). Un soin particulier doit être apporté à la pose des canalisations métalliques, radiateurs, baignoires, lavabos, surtout lorsqu'ils fixés à des parois légères : colliers spéciaux avec cerclage coutchouc.


Réduction des bruits d'impacts

à l'étage inférieur : les doublages de plafonds peuvent être peu efficaces, parce que les parois latérales verticales liées rigidement aux planchers participent au rayonnement sonore engendré par les impacts voir schéma ci-dessus. Ces transmissions latérales dépendent beaucoup des matériaux et des liaisons entre parois, elles peuvent être diminuées par des doublages verticaux. Des solutions d'une certaine efficacité peuvent exister, les déterminer nécessite une analyse pertinente de la construction et des transmissions, qui ne peut être effectuée que par un spécialiste.

à l'étage supérieur : dans les immeubles anciens, la meilleure solution pour améliorer l'isolation aux bruits d'impacts consiste à changer les revêtement de sols. Une telle opération pose un problème de taille : c'est chez le créateur de la nuisance qu'il faut agir. Ce qui peut être considéré comme moralement normal ! Mais nécessite forcément qu'il n'y ait pas conflit majeur entre voisins, pour pouvoir aboutir à un accord. Il n'est pas évident d'investir chez le voisin pour améliorer son confort ...

Dans le cadre de la réglementation acoustique de l'habitat, les revêtement de sol sont testés sur les planchers par une mesure normalisée (avec un matériel particulier, la "machine à chocs normalisée"), qui donne un résultat d'essai sous la forme du "bruit de choc normalisé" Ln en fonction de la fréquence (courbe) ou global en déciBels pondérés A. Plus cette valeur est faible, car il s'agit du bruit engendré, meilleure est la solution plancher + revêtement de sol.
Les fabricants de matériaux de sol peuvent aussi donner "l'amélioration Delta L= " apportée. Sa mesure est effectuée avec la machine à chocs normalisée posée sur une dalle en béton de 14 cms. Plus cette valeur est forte, meilleur est le matériau.
Mais la performance du revêtement sera toujours plus faible s'il est posé sur un plancher de masse plus faible.

type de revêtement de sol
amélioration normalisée
Delta L    global en dBA
efficacité , mise en oeuvre
revêtements vinyliques ordinaires en dalles ou rouleau avec sous-couche
8 à 16
moyenne et variable : préférer sous couche épaisse et résiliente
moquettes type aiguilletés
12 à 20
bonne et variable : préférer épaisse et souple
moquette avec sous-couche mousse
22 à 32
bonne à excellente, idem
parquets collés
faible ou très faible
faible, selon épaisseur et essence de bois
parquet type stratifié en pose flottante sur sous-couche continue posée indépendamment

dépend surtout de la sous-couche résiliente
on trouve divers types de sous-couche : liège, polystirène élastifié dit acoustique, fibres de bois agglomérées; le polystirène a une qualité inférieure
l'atténuation des impacts et d'autant meilleure que la sous -couche est épaisse (5 mms au moins de préférence)
les valeurs d'atténuation données par les fabricants correspondent à un usage sur dalle béton épaisse, on obtiendra toujours moins sur un autre type de plancher; les indications données sur les documentations des produits sont parfois difficilement comparables, il faut les interpréter

bonne mais très dépendante de la mise en oeuvre
qui doit être parfaite et n'est pas si évidente que l'on peut croire : la désolidarisation doit être absolue, c'est à dire que la sous-couche ou les bandes résilientes doivent remonter le long des cloisons verticales sur toute la périphérie, le parquet ne doit pas toucher ces cloisons, les plinthes ne doivent pas toucher le parquet; attention aux jonctions des seuils et montants de portes
l'efficacité aux fréquences basses est peu élevée

parquets en panneaux avec sous-couche incorporée
10 à 18

idem

bonne mais très dépendante de la mise en oeuvre
préférer sous couche épaisse et résiliente
les conditions de mise en oeuvre du cas précédent ne peuvent être satisfaites sans ajout de matériaux résilients supplémentaires
parquet massif traditionnel sur lambourdes, bandes résilientes sous lambourdes dépend surtout des bandes résilientes, liège, caoutchouc, etc bonne
mêmes conditions
dalles flottantes mortier de ciment épaisseur 4/5 cms sur panneaux polystirène ou polyéthylènes expansés dits "élastifiés"
12 à 25
bonne, mise en oeuvre complexe
pas de polystirène ordinaire
idem sous-couche panneaux ou lés fibres végétales, minérales, liège, latex, caoutchouc, etc variables selon matériaux, voir spécifications fabricants sous-couche, en majorité meilleurs que polystirènes spéciaux élastifiés

excellente, mise en oeuvre complexe
la sous-couche doit remonter le long des cloisons verticales sur toute la périphérie, aucun contact entre la dalle et ces cloisons
solution la plus efficace aux fréquences basses

Sur les planchers anciens légers, en ossature bois, l'efficacité des revêtements de sol est souvent faible par rapport à ces valeurs. La solution est d'augmenter la masse, ce qui pose le problème de la résistance mécanique du plancher.
Ils n'apportent quasiment aucune amélioration à l'isolation aux bruits aériens, sauf les dalles flottantes, et éventuellement les parquets massifs, selon type et réalisation.

Dans les immeubles d'habitation récents, soumis à la réglementation (depuis 1970) les planchers sont toujours constitués de dalles béton pleines d'au moins 18 cms d'épaisseur, avec chape flottante sous carrelage en pièces humides ou séjours et parquet flottant ou sol souple dans les autres pièces. Cette solution constructive est la meilleure pour une qualité d'isolation aussi bien aux bruits dimpacts qu'aériens. Il est interdit de modifier la partie amortissante du revêtement de sol, ou bien son changement doit se traduire par une qualité identique. Il est possible de poursuivre juridiquement un propriétaire qui aurait dégradé l'isolation aux impacts par une modification inadaptée.

bruits aériens

L'affaiblissement des bruits aériens par les parois horizontales répond évidemment aux mêmes principes que les parois verticales, mais les possibilités pratiques d'amélioration de leur isolation sont particulières.

On peut consulter pour analyser ces principes les pages transmissions, isolement, parois simples, parois doubles.

immeubles d'habitation récents : comme expliqué ci-dessus,il n'y a en principe pas de problèmes majeurs d'isolation entre étages, sinon, il faut se poser la question de la conformité du bâtiment à la réglementation, ce qui nécessite des mesures d'isolement.

immeubles anciens : on y trouve des solutions constructives pour les planchers très diverses. Leur qualité est variable, ils sont souvent peu performants. L'amélioration de l'isolation phonique des planchers anciens n'est pas forcément facile à réaliser.
Des solutions efficaces peuvent exister, elles ne sont pas simples à déterminer et à mettre en oeuvre, et ne consistent pas à  ajouter quelque part un matériau "miracle".
Les poutres apparentes ont du "cachet", mais sont peu compatibles avec l'isolation ...  Il vaut mieux ne pas démolir un faux-plafond pour faire apparaitre le bois.

2 types de solutions sont envisageables :

augmentation de la masse, par le principe de la paroi simple :

  • à l'étage supérieur forcément
  • surrélévation du sol nécessaire d'où problème de mise à niveau entre pièces
  • la résistance mécanique du plancher support limite la surcharge permanente possible, à vérifier par calcul

Une chape béton de quelques cms peut être une solution, sa masse ajoutée est de 120 kilogrammes au mètre carré pour 5 cms, ce qui parait le maximum éventuellement possible dans de nombreux cas.
Un remplissage de sable est une alternative intéressante, nécessite une bonne étanchéité avec liner PVC par exemple.

Ces solutions ne peuvent être sérieusement envisagées que si les 2 étages font partie d'une même propriété, ou si les copropriétaires sont en parfait accord, et en s'assurant impérativement des capacités de surcharge du plancher existant.. Elles ont des conséquences lourdes sur l'aménagement intérieur des locaux.

doublage en plafond :

  • à l'étage inférieur
  • ménager une lame d'air ou plénum la plus importante possible : diminue d'autant la hauteur sous plafond, 8-10 cms est un minimum
  • y placer un absorbant type laine minérale ou équivalent, voir matéraux absorbants
  • le faux plafond doit présenter une certaine masse voir parois doubles et doublages, il ne faut pas confondre faux-plafond isolant et faux-plafond absorbant : plaques de plâtre par exemple, parfaitement jointées; double plaque à joints croisés
  • il doit être le plus parfaitement continu et désolidarisé du plancher comme des cloisons verticales latérales
  • sa mise en oeuvre doit être parfaite pour obtenir une bonne amélioration
  • il n'aura une bonne efficacité que si les transmissions latérales sont faibles. ils est nécessaire de bien les analyser, et de les réduire si nécessaire et possible
conclusions

bruits d'impacts

  • la réduction des bruits d'impacts est réalisée par interposition d'un matériau souple, résilent entre le point d'application de l'impact et la structure du bâtiment
  • les revêtements de sol assurent cette fonction, plus exactement leur sous-couche élastique
  • la désolidarisation doit être parfaite entre la surface d'usage du sol d'une part, et le matériau du plancher, ainsi que les cloisons verticales d'autre part
  • c'est donc à la source, à l'étage supérieur, qu'il vaut mieux agir
  • l'efficacité d'une action à l'étage inférieur par doublage léger du plafond est incertaine; elle dépend du plancher, mais aussi des parois latérales et de leurs liaisons, et bien sûr du doublage
bruits aériens
  • les planchers anciens ont souvent une qualité d'isolation médiocre
  • leur amélioration peut s'effectuer par augmentation de la masse, donc de l'épaisseur à l'étage supérieur
  • il faut alors s'assurer de la capacité de charge du plancher, cette solution modifie les niveaux du sol
  • un doublage par faux-plafond isolant peut être efficace si les transmissions latérales sont faibles (si les parois latérales sont porteuses par exemple) ou diminuées
  • le faux plafond doit respecter tous les principes du doublage voir les conclusions de parois doubles et doublages
  • il ne faut pas confondre faux-plafond isolant et faux-plafond absorbant


Pour une vision globale de l'isolation phonique entre étages, consulter aussi les pages  : transmissions, isolement, paroi simple, parois doubles

 

 

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