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acoustique
des salles et sonorisation
les
divers systèmes de sonorisation et leurs limites
Maitriser la
sonorisation des salles, c'est avant tout adapter le système
de sonorisation à la salle, il ne faut pas installer n'importe
quel système sonore n'importe où et n'importe comment
!
Les lois de la physique s'appliquent à la fois et d'une manière
globale aux locaux et aux systèmes de reproduction, haut-parleurs
et enceintes. Il ne suffit pas de choisir les meilleurs, l'ensemble
doit être cohérent avec les caractéristiques géométriques
et acoustiques du local.
Le
choix du système de sonorisation, son positionnement et son orientation,
sont des éléments critiques qui dépendent essentiellement
de la géométrie et de l'acoustique de la salle.
Le
problème est délicat dans le cas de l'installation mobile
qu'on monte l'après-midi pour le spectacle du soir, et se complique
encore si on utilise des systèmes de diffusion multiples ou une
sonorisation de retours de scène.
Quand on réalise une salle nouvelle ou que l'on réhabilite
en installant une sonorisation, on a plutôt tendance à
créer des réverbérations faibles, parce que les
musiques qu'on sonorise systématiquement le nécessitent
pour une perception claire (intelligibilité, utilisation d'"effets"
de réverbération artificielle), et avec l'idée
sous-jacente que la sono permet de se faire entendre de toutes façons,
d'engendrer des niveaux (presque) sans limite ...
La
consultation des pages précédentes salles de
spectacle, propagation, traitement
acoustique facilitera la compréhension
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| homogénéité
des niveaux sonores avec
une source ponctuelle |
Si
on revient encore à la loi de propagation voir
propagation, l'homogénéité
dans un grand espace ne dépend que de la réverbération
ou de l'absorption totale, pour une source ponctuelle unique (ou 2 en
stéréo), et est meilleure si Tr est grand.
Mais si les hypothèses de source unique et ponctuelle sont vérifiées
par les enceintes de sonorisation, leur seul avantage est d'augmenter
les niveaux sonores d'une même quantité partout : la courbe
de propagation se décale vers le haut, on ne fait qu'augmenter
le niveau de puissance Lw. Rien d'autre n'est changé. Donc l'homogénéité
ne dépend a priori pas de la manière de régler le
système de sonorisation, contrairement à ce que certains
croient (par exemple, d'une "égalisation", du réglage
d'un égaliseur qui modifie la courbe de réponse du système,
souvent utilisé pour "tenir compte de la réponse de
la salle" : ça sert plutôt à pallier certains
défauts des enceintes ! ), et surtout n'est pas bonne : fort devant,
beaucoup moins plus loin. Et ce, d'autant plus que la réverbération
est faible ! C'est incontournable, mais on peut vivre avec ! Il suffit
de le savoir, surtout pour les spectateurs .....
Le seul paramètre du système de sonorisation qui influe
sur la propagation est sa directivité. Il faut donc qu'elle soit
constante avec la fréquence pour garantir une bonne homogénéité
des spectres en fonction de la distance. Une directivité variable
avec la fréquence, ce qui est le plus fréquent, n'est pas
une bonne chose ! Le montage d'un haut-parleur dans un pavillon permet
une meilleure maitrise de la directivité, c'est le seul moyen en
fréquences basses, et pas miraculeux aux fréquences très
basses. Un couplage correct entre plusieurs sources alignées verticalement
permet théoriquement aussi de modifier la directivité (voir
ci-dessous sources linéiques).
Le minimum est donc de bien connaitre la directivité du système
de sonorisation, et d'en tenir compte pour optimiser son positionnement
et son orientation .
S' il y a plusieurs haut-parleurs par bandes de fréquences, la
distance entre leurs centres doit être inférieure à
la demi longueur d'onde de la fréquence la plus élevée
qu'ils reproduisent, leurs membranes doivent être alignées
dans un plan perpendiculaire à l'axe de propagation, pour éviter
déphasages et interférences engendrant des inégalités
variables dans la réponse fréquentielle (voir schémas
ci-dessous). De même aux fréquences de coupure entre voies.
Il existe plusieurs
autres solutions de principe permettant d'améliorer la diffusion:
elles sont délicates à utiliser, le remède peut être
pire que le mal ..... |
| multidiffusion
et interférences |
La
première idée est de multiplier les sources, et de les répartir
dans la longueur de la salle. On peut penser ainsi résoudre le
problème de l'homogénéité des niveaux.
Lorsque 2 ondes identiques issues de 2 points géométriquement
distincts (ou une onde et sa réflexion sur un matériau)
se mélangent, il se crée un phénomène d'interférences,
qui engendrent des irrégularités dans la "sommation",
et qui sont dues à la différence de marche, c'est à
dire de trajet entre les sources et le point considéré.
Des annulations se produisent lorsque la différence de marche est
égale à la demi longueur d'onde (opposition de phase), donc
à des fréquences multiples et dépendant du point.
Il est donc impossible d'éviter une courbe de réponse avec
des "creux" (dite "en peigne") si on entend 2 sources
émettant le même signal, ou bien il faut que la différence
des 2 niveaux soit élevée. Une idée d'amélioration
est de faire usage de lignes à retard : on ne résoud pas
ainsi le problème, puisque certains points, dans la largeur par
exemple, entendront toujours 2 sources avec presque le même délai,
selon la géométrie, les réflexions sur les parois
et la position des enceintes. Ce type d'installation n'est concevable
que s'il est très bien réglé, dans des salles avec
une absorption très forte et très répartie, genre
salles de conférences, avec de nombreux points de diffusion à
faible niveau et forte directivité. Il a été à
la mode il y a quelques années, mais n'est plus guère utilisé.
musique
vivante, retours de scène
Ce
phénomène
existe bien sûr sur la scène si on utilise une sonorisation
de retours : il faut éviter de multiplier les sources diffusant
le même signal; il vaut mieux répartir les instruments dans
des points de diffusion différents, ne pas "mettre tous les
micros dans tous les retours". De même si le son de façade,
à cause d'une directivité faible ou de réflexions
en fond de salle, revient vers la scène.
Idem lorsqu'un instrument a son ampli, lequel est repris dans la sono.
Plus le son de scène (instruments amplifiés, retours) est
faible, plus le son de salle est clair (et plus le mixage en salle est
facile). |
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| sources
linéiques :
line array et
clusters |
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Le
line array est à la mode; on ne jure plus que par ce système
en sonorisation professionnelle ... On ose même nommer line array
2 haut-parleurs posés l'un sur l'autre ... Le principe a
ses limites, comme les autres, il est loin d'être le meilleur en
toutes circonstances.
Pour éviter
les subtilités du jargon franglais du milieu du son professionnel
francophone, parlons simplement de source linéique ou linéaire, ce qui n'a rien à voir avec sa courbe de réponse
en fréquence, mais signifie que la forme géométrique
de la source est assimilable à une ligne.
Dans ce cas, l'onde engendrée n'est plus théoriquement
sphérique
mais cylindrique (c'est une approximation, la longueur de la ligne est
loin d'être infinie) : la conséquence est que la diminution
du niveau sonore en fonction de la distance est de 3 dB seulement par
doublement dans le champ direct (6 dB pour source ponctuelle, voir
propagation, d'où amélioration
notable de l'homogénéité. Au prix d'une directivité
très accusée dans le plan de la ligne, et large dans le
plan perpendiculaire à la ligne.
Pratiquement le principe se traduit par la ligne verticale de haut-parleurs
identiques, si les auditeurs sont dans un plan horizontal. Et surtout
pas le contraire, ne pas répartir horizontalement des enceintes
identiques (comme on le voit faire dans les "raves") !
Mais plusieurs problèmes se posent :
• le couplage entre sources n'est pas évident;
pour éviter les interférences (voir ci-dessus) les haut-parleurs
doivent être très rapprochés, les distances entre
leurs centres inférieures à la demi longueur d'onde de la
fréquence la plus élevée qu'ils reproduisent. C'est
difficile aux fréquences élevées, par ex. à
1 kHz, 16 cm; à 10 kHz, 16 mm. Empiler des enceintes large bande avec
boomer, médium
et tweeter dans la même caisse ne respecte pas le principe. Il faut
réaliser un assemblage vertical par bande de fréquence
reproduite par des haut-parleurs distincts, 1 pour les basses, un medium,
un aigus par exemple.
•
pour que les auditeurs soient à des distances plus homogènes,
bénéficier de leur effet d'absorption, mais qu'ils ne fassent
pas écran à ceux qui sont derrière, il vaut mieux
placer les enceintes en hauteur : mais alors la directivité accusée
dans le plan horizontal médian perpendiculaire peut être
gênante selon la géométrie. Ce n'est que si la distance
entre les sources et les auditeurs est suffisamment grande que cela présente
un intérêt.
On peut incliner le système. Autre solution : le line array convexe,
en forme de virgule, incurvé dans sa partie basse : le réglage
angulaire des éléments est complexe, il doit être
adapté précisément selon leur position et la forme
du local; cette opération délicate doit être effectuée
par des spécialistes et
nécessite un système d'accrochage spécifique....
mission quasi impossible pour une sonorisation mobile, en tous cas pas
en 10 minutes ... Les fabricants de matériel "pro" fournissent
des logiciels pour optimiser ce positionnement, mais, comme avec tout
logiciel, encore faut-il que les données (géométrie
et absorption de la salle) y soient rentrées de manière
précise : ce qui parait difficile pour un système mobile,
doit être fait absolument pour une installation fixe. |
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Voir
en page moyens de calcul l'application Excel "line
array.xls" pour
une analyse précise du fonctionnement d'un line array
dans une salle, de la répartition des niveaux en fonction
de la distance, donc de l'homogénéité des
spectres. Son utilisation (facile) permet de comprendre les
limites du line array :
- il
est complexe à concevoir
- l'installation et le réglage (équilibre entre voies)
est extrèmement dépendant de la salle
- Il ne peut pas bien fonctionner s'il ne comprend qu'un faible
nombre de haut-parleurs identiques par bande de fréquences ... donc
il coûte cher
- il est difficile d'obtenir une réponse en basses fréquences
homogène avec les autres voies,
ce qui est moins gênant en diffusion de parole ("public
adress") ou de certaines musiques
- il est mal adapté aux espaces petits et moyens
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maîtrise de la diffusion sonore
Pour
choisir un système de diffusion, comparer l'homogénéité
des niveaux et spectres dans une salle avec une source
unique et un line array, on peut utiliser avec profit
nos moyens
de calcul :
- sonotest, pour vérifier les réglages et
paramètres acoustiques d'un système de reproduction sonore
multi-voies
- line array, réglage et installation d'un
système line array
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